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Faut-il interdire l’accès à la nature pour mieux la protéger ?

Temps de lecture : 2 minutes

Publié le 29/07/2021

Résumé

Le tourisme vert explose en France, bon pour le commerce local mais dangereux pour la préservation de la nature. Pour limiter la casse écologique, des espaces décident de limiter l’accès aux touristes. Faut-il interdire l’accès à la nature pour mieux la protéger ? Sélectionner les activités humaines qui empêcheraient de lui nuire ? Ou compter plutôt sur la responsabilité individuelle et collective ?

Et si…

  • Et si on ne pouvait se connecter à la nature que de manière virtuelle ?
  • Et si les économies locales ne dépendaient plus du tourisme ?
  • Et si on avait droit qu’à un quota de verdure par an ?
  • Et si les sites de tourisme de masse étaient interdit d’accès ?
  • Et si on respectait les cycles de la nature (nidification…) ?

Article

« Victimes de leur succès ». Alors que les déplacements des vacanciers sont encore limités, pour la deuxième année consécutive, les sites touristiques français sont pris d’assaut.

Dans les 11 parcs nationaux que compte notre pays, dans les 56 parcs régionaux français, la fréquentation explose. Prolongement d’une tendance et d’un attrait pour le tourisme vert initié au début des années 2010, bonne nouvelle pour l’économie locale… mais menace certaine pour l’environnement, la biodiversité, l’intégrité des écosystèmes concernés.

Pour limiter la casse écologique, des espaces décident de limiter l’accès aux touristes. Comme à Porquerolles, où une jauge d’accès a été fixée : 6000 passagers quotidiens sont désormais autorisés, alors que 12 000 venaient l’an dernier.

Alors : faut-il interdire l’accès à la nature pour mieux la protéger ? Sélectionner les activités humaines qui empêcheraient de lui nuire ? Ou compter plutôt sur la responsabilité individuelle et collective ?

Voici les questions qui traverseront, ce soir, Le Temps du Débat.

Pour en parler, nous recevons la philosophe Virginie Maris, le géographe Rémy Knafou et le président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France Michaël Weber

Nous, dans les parcs naturels régionaux, on fait le pari que l’homme et la nature ne s’opposent pas. On plaide pour un nouvel humanisme de la nature. C’est-à-dire qu’on essaye d’éduquer et d’être des médiateurs entre ces hommes et ces femmes qui souhaitent, justement, se reconnecter avec la nature. On s’aperçoit qu’il manque ce lien de médiation parce qu’on met beaucoup de choses derrière ce mot, cette terminologie de nature sans vraiment savoir ce que c’est.                  
Michaël Weber 

En Antarctique, c’est au nom de sensibiliser le public à des milieux en danger que l’on amène des personnes pour assister à la fonte de la banquise. Tout cela ne semble pas raisonnable, or c’est ce vers quoi nous allons, parce que les navires qui sont en mesure de fréquenter ces lieux sont de plus en plus nombreux. Voilà pourquoi je propose la sanctuarisation de ce type d’espaces.
Rémy Knafou

95% des touristes dans 5% des sites ça me fait en tout cas diagnostiquer qu’on n’est plus du tout dans un rapport possible avec la nature parce qu’on est dans une massification de la fréquentation qui elle-même a un impact sur les milieux (…) et qui dégrade également la possibilité qu’on a d’avoir une expérience de reconnexion, de sentiment de nature, d’harmonie avec le monde naturel.
Virginie Maris